Guide · BAM + Claude Code

Claude est brillant... jusqu'au moment où il rend votre projet banal.
BAM garde l'intention. Claude la matérialise.

Les outils génératifs comme Claude Design et Claude Code savent produire des écrans convaincants. Ce qu'ils ne savent pas faire spontanément, c'est tenir l'intention qui relie le premier écran au dernier. Ce guide raconte un cas réel : une expérience web pensée comme une visite, pas comme un site à rubriques, où BAM a servi à construire l'intention en amont et à la transmettre aux outils de production.

Guide BAM · Cas réel, adapté de l'article Medium de Lydie Catalano · 7 min.

Le génératif normalise, par nature

Le mécanisme des outils génératifs est presque toujours le même : une interaction = une réponse. Sans contexte persistant, le modèle optimise pour le plus probable, et il normalise : menu en haut, scroll fluide, rubriques « Accueil / À propos / Contact ». Dans beaucoup de projets, c'est très bien. Mais quand l'objectif n'est pas d'être standard, chaque nouvelle génération tire le projet vers le générique.

Et le problème s'aggrave à plusieurs : versions contradictoires de l'intention, règles d'interface qui changent selon l'écran généré, direction artistique qui se dilue parce que chaque prompt ré-explique le monde. Résultat connu : plus on génère, plus on retouche. Et souvent, on retouche pour revenir à ce qu'on avait décidé au départ.

Le vrai levier n'est pas d'écrire de meilleurs prompts, ni d'empiler des consignes à chaque génération. C'est d'avoir un système qui empêche ce qui est singulier de redevenir générique.

La méthode en trois temps

Dans ce projet, BAM n'a pas « fait des maquettes ». Il a servi à trois choses très concrètes, avant d'ouvrir l'outil de production :

1. Co-construire la mémoire de projet

Intention, architecture d'information, règles d'interface, modèles de contenu, exceptions assumées : tout est décidé et documenté en amont.

2. Relier les décisions entre elles

Parcours, contenus, règles d'interface et direction visuelle ne sont pas des listes séparées : chaque décision sait à quoi elle sert.

3. Transmettre et activer ce parti pris

Claude Design et Claude Code reçoivent une direction claire et la matérialisent. L'humain valide chaque étape.

La ligne de démarcation

BAM ne remplace pas Claude Design ni Claude Code. BAM fait en sorte que Claude ne tombe pas dans la normalité, et suive l'intention du projet à chaque étape.

Cas réel : une visite, pas un site

L'expérience « je suis tous » est organisée comme une exposition : des salles numérotées de 0 à 4, une barre de progression fixe en bas, un couloir qui séquence volontairement la lecture, des Notes en panneau permanent (logique cartel / audioguide) et un code couleur qui porte la thèse (rouge = accès au rôle, bleu = droit à l'opacité). Autant de décisions qu'un générateur, livré à lui-même, aurait « corrigées ». Voici ce que la mémoire de projet a préservé :

Le hall de l'expérience « je suis tous » : titre « Entrez dans le cadre », trois salles numérotées et barre de progression fixe en bas
Le hall : pas de menu classique, des salles numérotées et la progression fixe en bas. La règle de parcours, matérialisée par Claude Code.
Le réflexe générique
La décision préservée par la mémoire BAM
Menu classique en haut, rubriques Accueil / À propos / Contact
Salles 0 à 4, progression fixe en bas, bandeaux « Salle suivante » et « Revenir au plan »
Rétablir un scroll fluide partout
Un couloir de 3 écrans en « Précédent / Suivant » : friction volontaire, anti-pattern assumé et documenté
Les notes en tooltip ou reléguées dans une page « À propos »
Les Notes en panneau persistant : un glossaire promu au rang d'élément d'interface
Le cartel réduit à une légende sous l'image
Le cartel comme modèle de contenu : réplique, lecture critique, raccourcis clavier, garanties éthiques affichées au moment de l'interprétation
Une palette réharmonisée « pour faire joli »
Un bichrome sémantique stable : rouge = accès au rôle, bleu = droit à l'opacité, sur tous les écrans

Le point commun de ces cinq lignes : aucune n'est un détail à répéter dans chaque prompt. Ce sont des décisions stables, documentées dans la mémoire de projet, transmises une fois et vérifiables écran par écran. Le récit complet est dans l'article Medium d'origine.

La salle Monstration : titre éditorial, texte introductif et cartel bleu « Ici, l'opacité n'est pas un défaut : c'est un droit »
La salle 2 et son cartel : un modèle de contenu à part entière, pas une légende sous l'image.
La salle 1 des œuvres : sections numérotées, cartel et accrochage des pièces sur fond sombre
L'accrochage : les œuvres comme des pièces à contextualiser, pas une grille produit.

Pourquoi l'humain garde la main

Même avec une source de vérité, un modèle peut proposer des solutions convenues, lisser une exception créative, revenir à des réflexes web standards. La différence, c'est que les règles ne sont plus « dans la tête de quelqu'un » ou « dans un prompt du mois dernier » : elles sont documentées, vérifiables, réutilisables et surtout arbitrables.

  • Certaines imperfections sont des choix de lecture. Le couloir qui casse le scroll n'est pas une anomalie à corriger : c'est du sens.
  • Chaque exception est justifiée par écrit. Un anti-pattern assumé et documenté ne sera pas « réparé » à la génération suivante.
  • Les points de validation sont posés d'avance. Ce que l'humain doit revoir, arbitrer et confirmer fait partie de la méthode, pas de l'improvisation.

Les prompts qui font le pont

Le passage de BAM à Claude Code se fait par des livrables demandés à JOHANNES. Quatre prompts pour les obtenir, à adapter à votre projet :

  • « En tenant compte des facteurs clés de succès de la marque et de notre stratégie, proposez-moi un design system simple et compréhensible pour Claude Code. »
  • « Résumez notre mémoire de projet (intention, règles de parcours, exceptions assumées, modèles de contenu) en un document de cadrage que je peux donner tel quel à Claude Code. »
  • « Rédigez la charte de nos couleurs sémantiques : pour chaque couleur, sa signification et sa règle d'usage, valables sur tous les écrans. »
  • « Voici un écran généré par Claude en pièce jointe. Vérifiez-le contre nos règles de projet : qu'est-ce qui a été normalisé ? »

Le premier prompt est celui du cas réel : c'est lui qui a produit le design system transmis à Claude Code. Notez la logique commune aux quatre : on ne demande pas un écran, on demande le document qui cadrera tous les écrans.

Avant de générer : la checklist

Cette méthode se réutilise sur n'importe quel projet produit avec un outil génératif : site, expérience, identité, présentation. Nous l'avons condensée en une checklist à remplir avant d'ouvrir Claude : intention, règles, exceptions, modèles de contenu, langage visuel, points de validation.

À garder sous la main : la checklist L'intention avant la génération, dans les modèles de l'Académie.

Construisez la mémoire, puis générez.

Créez votre projet BAM : l'intention, les règles et les modèles de contenu d'abord, la production ensuite.